Les inégalités sociales

Nous ne sommes pas égaux devant les possibilités à choisir une alimentation de qualité. Son accès n’est pas aussi facile pour tous... Et cela est particulièrement vrai pour les populations fragilisées.

En achetant de la nourriture, nous posons des choix. Nous privilégions certains modes de production, de transformation et de distribution alimentaire, qui ont un impact direct sur notre environnement et notre santé.

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Mais l’accès à cette alimentation saine et qualitative est fortement empreint des inégalités sociales. Les aliments à forte densité énergétique (gras/salés - gras/sucrés) sont ceux qui coûtent le moins cher. Les populations les plus pauvres achètent pour un faible coût des aliments de mauvaise qualité nutritionnelle et de forte densité énergétique qui favorisent à la fois les carences en vitamines et minéraux et l’obésité.

La santé et le bien-être d’un pays est lié à l’importance de ses inégalités sociales

L’obésité est en augmentation partout dans le monde, et ce tant chez les adultes que chez les enfants. Le surpoids (qui touche pas loin de 50 % des adultes en Belgique) et l’obésité (14 %) sont associés à une prévalence accrue et à une gravité plus importante de nombreuses maladies : diabète de type 2, cardiopathies ischémiques, maladies cérébrovasculaires, maladies ostéo-articulaires, santé mentale, certains cancers...

Dans les pays riches, le bien-être des populations est avant tout lié non pas au PIB mais à l’importance des inégalités sociales. Dans leur ouvrage “Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous” [1], R. Wilkinson et K. Pickett le démontrent clairement chiffres et graphiques à l’appui : plus l’écart entre les plus hauts et les plus bas revenus est grand, plus la prévalence de l’obésité est élevée.

Ils montrent d’ailleurs aussi la même corrélation forte avec les violences urbaines, la consommation de drogues, les maladies mentales, les échecs scolaires et les grossesses précoces...

Pour lutter contre ces problèmes qui empoisonnent le vivre ensemble des sociétés riches, ils prouvent que la croissance ne sera pas la solution miracle, que la réduction des inégalités sociales aurait un impact potentiellement bien plus important !

[1WILKINSON R., PICKETT K., “Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous”, Les petits matins, avec l’Institut Veblen et Étopia, 2013