Lancer des campagnes alimentation - plaisir

L’éducation à l’alimentation s’appuie souvent sur des recommandations nutritionnelles telles que “Mangez 5 légumes/fruits par jour”, “Ne mangez ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé”, etc.

L’enquête Thermomètre Solidaris sur l’alimentation démontre que ces messages, bien connus, engendrent une certaine confusion et de la culpabilité, surtout chez les catégories sociales défavorisées.

Communiquer sur une alimentation équilibrée devrait avoir pour objectif “d’apporter de la cohérence, de redonner du sens et de rappeler quelques fondamentaux sans culpabiliser ni être prescriptif” [1].

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Pourquoi ?

Les considérations diététiques ne tiennent compte que du facteur biologique or, “tout mangeur est intégré à une société, à une culture particulière dont l’alimentation en est une forme d’expression” [2].

De plus, la seule approche nutritionnelle empêche d’envisager l’alimentation dans toutes ses dimensions : “son lien à l’agriculture et à la pêche, la saisonnalité des produits, la diversité et la qualité, la sécurité sanitaire des aliments, la consommation régulière de produits frais, le plaisir de faire soi- même, les produits et recettes de nos régions, la convivialité, le temps du repas, ...” [3]

Comment ?

Les campagnes doivent dépasser la vision en termes de substances nutritives et de choix individuels responsables de la nourriture pour adopter une approche globale et résolument positive, déculpabilisant le consommateur vis-à-vis de son alimentation, et lui redonnant de l’envie et du plaisir [4].

C’est la raison pour laquelle, dans notre Livre blanc, nous préconisons de lancer des campagnes générales avec une vision globale de l’alimentation, mettant en avant le plaisir, la convivialité et le fait de prendre du temps pour les repas.

Des campagnes ciblées sur les publics défavorisés sont également souhaitables.

[1Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, (2011), “Le Programme national pour l’alimentation (PNA)”, Bien manger, c’est l’affaire de tous, Programme National pour l’Alimentation, février 2011, Paris

[2Propos de G. Le Bihan dans “Promotion de la santé et éducation nutritionnelle"

[3Idem 1

[4Idem, p.44